La synagogue Beth Hamedrash Ha-Godal

Au début du 20ème siècle à Montréal, la communauté juive était constituée principalement de Juifs ashkénazes qui venaient d’Europe de l’est.  Ils s’illustraient principalement dans l’industrie du vêtement et dans le commerce.

Les Juifs étaient alors surtout établis au nord de la rue Sherbrooke, dans l’axe du boulevard Saint-Laurent qu’on surnomme la Main. En 1911, des 55 860 personnes habitant le district Saint-Laurent, 19 193 étaient de religion juive (Réf.).

On semble souvent oublier que la communauté  juive était aussi présente dans d’autres quartiers de Montréal. Par exemple, en 1911, on dénombrait 841 Juifs dans le district Sainte-Anne, 484 dans le quartier Saint-Joseph, 102 dans Sainte-Cunégonde,  50 dans Saint-Henri et 54 dans Saint-Gabriel ce qui totalise quand même plus de 1500 personnes (Réf.).

Leur nombre justifiait l’établissement d’une synagogue à proximité.

 Une synagogue, rue Notre-Dame ouest

Synagogue Beth Hamedrash Ha-Godal

La synagogue Beth Hamedrash Ha-Godal, rue Notre-Dame ouest. Vers 1925

En 1890, la Calvin Presbyterian Church s’établit rue Notre-Dame, un peu à l’ouest  de la rue des Seigneurs, à côté du  magasin E. Cavanagh & Co.. On peut d’ailleurs voir le nom du magasin sur le mur de l’immeuble à la droite de la photo.

La mention de l’église apparaît dans les annuaires Lovell  jusqu’en 1918. La congrégation s’associera éventuellement à la Westminster Presbyterian Church de l’avenue Atwater pour former la Calvin Westminster Presbyterian Church et quittera le temple de la rue Notre-Dame.

Plan indiquant l'emplacement de la synagogue Beth Hamedrash Ha-Godal

Plan indiquant l'emplacement de la synagogue Beth Hamedrash Ha-Godal

La synagogue Beth Hamedrash Ha-Godal occupera  les lieux de 1918 à 1945. Étrangement,  aucun des livres que j’ai consultés sur l’histoire de la communauté juive de Montréal n’en fait mention.

Pourtant, en consultant les annuaires Lovell, on remarque beaucoup de noms d’origine juive. On trouve par exemple, rue Notre-Dame, entre les rues Versailles et Richmond les noms suivants: B. Abramson, B.Caplan, H. Shapiro & Co., O. Levine, Max Bernstein, Max Berenstein, Sam Leibovitz, A. Klein, H. Caplan & Co., H. Solomon & Co. et plusieurs autres.

Après la fermeture de la synagogue, la Montreal Milk Association s’installera dans l’édifice, vraisemblablement de 1945 à 1959.

Le bâtiment n’existe plus. Le terrain sur lequel la synagogue était érigée fait maintenant partie du parc des Meubliers.

Par contre, le nom Beth Hamedrash Hagadol Tifereth Israel a été repris par une autre congrégation qui s’était établie dans Côte des Neiges de 1954 à 1985.

Sources

  • La rue Notre-Dame et ses intersections. Site web de la Ville de Montréal. Adresse URL.
  • William Henry Astherton. Montreal, 1535-1914. S. J. Clarke, éditeur. Montréal, 1914, p. 289. Adresse URL.
  • Site web des archives du congrès juif canadien. Adresse URL.

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La succursale des Seigneurs de la Banque de Montréal

Cartouche pour la Banque de Montréal

Volume 12, Issue 1, plate 5 Canadian Architect and Builder

Fondée en 1817, la Banque de Montréal est la plus ancienne institution bancaire au pays.

Construite en 1894 et 1895 dans le style renaissance, la succursale des Seigneurs a ouvert ses portes le 1er mai 1895.

Le bâtiment de grès rouge existe toujours. Il est situé au 1850 Notre-Dame ouest, à l’angle de la rue des Seigneurs. Il comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée, deux étages et des combles.

Au moment de sa construction, son emplacement stratégique permettait à la Banque de Montréal de se positionner au cœur de l’intense activité économique qui régnait alors le long du canal de Lachine.

Ancienne succursale des Seigneurs de la Banque de Montréal

Ancienne succursale des Seigneurs de la Banque de Montréal, vers 1895

L’ancienne succursale des Seigneurs est la deuxième succursale de la Banque de Montréal, la première étant la succursale West End, située à l’angle des rues Sainte-Catherine et Mansfield.

Les deux succursales ont été construites selon les plans de l’architecte Sir Andrew Thomas Taylor. On remarque d’ailleurs de nombreuses similitudes entre les deux édifices.

La succursale a fermé définitivement ses portes le 31 août 1979.

Sir Andrew Thomas Taylor

Sir Andrew Thomas Taylor

- Sir Andrew Thomas Taylor - National Portrait Gallery

Né à Édimbourg en Écosse en 1850, Andrew Thomas Taylor s’est installé à Montréal en 1883.

Fils de James Taylor et d’Agnes Drummond, il était lié par sa mère aux puissantes familles Redpath et Drummond de Montréal.

On lui doit la conception de plusieurs succursales de la Banque de Montréal.

Il a également dessiné les plans de nombreux bâtiments de l’Université McGill. Son intervention a fortement contribué à façonner le caractère du campus tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Parmi les nombreuses réalisations d’Andrew Thomas Taylor, mentionnons la maison Redpath, qu’un mouvement de pression a réussi récemment à sauver de la démolition.

Il a quitté Montréal pour vivre à Londres en 1904.  Il y a entrepris une carrière politique de 1908 à 1926 au terme de laquelle il a été fait chevalier.

Il est décédé à Londres le 5 décembre 1937.

Sources

  • Guy Pinard. Montréal son histoire son architecture, tome 6. Éditions du Méridien, 1995, pp. 222 à 230
  • Démolition – Maison Redpath. Avis du Conseil du patrimoine de Montréal en date du 27 septembre 2010. Page consultée le 22 mai 2011.  Adresse URL.
  • Biographical Dictionary of Architects in Canada, fiche sur Sir Andrew Thomas Taylor. Page consultée le 22 mai 2011. Adresse URL.
  • Université McGill. Fiche sur Sir Andrew Thomas Taylor.Page consultée le 22 mai 2011. Adresse URL.
  • Canadian Architect and Builder. Vol 12 (1899), Issue 1,  plate 5. Page consultée le 22 mai 2011. Adresse URL.

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L’église St. Anthony of Padua avant sa démolition

L’église St. Anthony of Padua  s’élevait à l’angle des rues Saint-Antoine et des Seigneurs à Montréal. Elle avait été construite entre 1887 et 1889 selon les plans de l’architecte  William H. Hodson.

Église St. Anthony of Padua

L'extérieur de l'église St. Anthony of Padua photographiée par Brian Merrett

Ces deux photos de l’église ont été prises au début des années 1970 par le photographe montréalais Brian Merrett, peu de temps avant qu’elle ne soit démolie pour faire place à l’autoroute Ville-Marie.

Dans la partie gauche de la photo ci-dessus, on peut distinguer l’ancien asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres. Ce bâtiment qui était situé rue des Seigneurs est inoccupé depuis plusieurs années.

Intérieur de l'église St. Anthony of Padua

Intérieur de l'église St. Anthony of Padua photographié par Brian Merrett

Des photographies de Brian Merrett

Le photographe Brian Merrett se spécialise dans la photographie d’œuvres d’art et de l’architecture.

Il est l’auteur des photos des livres sur le patrimoine architectural montréalais, Demeures bourgeoises de Montréal : le Mille Carré Doré : 1850-1930 et L’Architecture de Montréal. Guide des styles et des bâtiments, dont les textes ont été écrits par l’urbaniste et historien de l’architecture François Rémillard.

En 1968, Brian Merrett a emménagé dans un appartement, rue Saint-Marc, à l’angle de la rue Tupper. Le quartier était alors paisible. Il y a vécu jusqu’en 1975.

Il a assisté au cours de ces années à la destruction de son quartier, charcuté pour permettre la construction de l’autoroute Ville-Marie.

Photographies par Brian Merrett

Cliquez sur la photo pour voir toute la collection

Il a entrepris de documenter ces bouleversements avec sa caméra, de 1970 à 1973. Il a expliqué sa démarche en 2010 dans un texte qu’on peut lire en cliquant ici.

On peut voir ces photos en cliquant ici. Les deux photos de l’église St. Anthony of Padua font partie de cette collection.

Une autoroute qui a certainement fait couler beaucoup d’encre

J’ai trouvé sur internet une liste très intéressante d’articles écrits entre 1970 et 1998 se rapportant à l’autoroute et au boulevard Ville-Marie. Cliquez ici pour y accéder.

On y apprend entre autres que, d’après un article publié dans La Presse le 22 décembre 1970, Montréal reprochait alors à Québec d’être tenu à l’écart dans le dossier de l’autoroute.

Plus ça change, plus c’est pareil.

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Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, Arrondissement Ville-Marie, lieux de culte, Petite-Bourgogne, rue Saint-Antoine

Un nouveau lieu pour l’art contemporain à Montréal

2000 rue William, Montréal

2000 rue William, Montréal

Le 2000 William est le lieu dont on parle le plus en ce moment dans le monde de l’art contemporain montréalais.

Cet ancien atelier, situé un peu en retrait de la rue Notre-Dame ouest, était utilisé autrefois par la compagnie Drummond McCall & Co. Ltd.. Il deviendra sous peu un complexe d’art contemporain unique à Montréal.

La taille du bâtiment et la hauteur vertigineuse des plafonds permettront de d’exposer l’art d’une toute autre façon.

Le projet est piloté par Pierre Trahan, homme d’affaires et collectionneur averti. La Galerie René Blouin, une des galeries d’art les plus réputées au Canada s’y installerait.

Le complexe servira également à la tenue d’événements ponctuels.

Drummond McCall & Co. Ltd

Ce plan publié en 1950 indique que la compagnie Drummond McCall & Co. Ltd était installée dans le bâtiment situé au 2000, rue William.

Plan de Montréal en 1950

Plan publié en 1950 - La flèche indique l'emplacement des installations de la Drummond McCall Co. Ltd., au 2000, rue William

Sources

  • Jérôme Delgado. Un complexe d’art contemporain pour Griffintown. Article paru dans Le Devoir le 16 décembre 2010. Adresse URL.
  • Marie-Claude Lortie. Le buzz passe à l’ouest. Article paru dans La Presse le 14 mars 2011. Adresse URL.

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Classé dans Après l'autoroute, Arrondissement du Sud-Ouest, Griffintown

La maison de J. André St-Julien, rue Dominion

Maison St-Julien, rue Dominion

Source: Albums de rues E.-Z. Massicotte, BAnQ

Le criminaliste J. André St-Julien a vécu dans cette maison de la rue Dominion pendant une dizaine d’années à la fin du 19ème siècle.

Il est né à Montréal en 1855. Il a été reçu avocat en 1882 après avoir étudié à l’Université Laval et à L’Université McGill.

Une notice nécrologique parue dans le journal La Patrie suite à son décès survenu le 4 mai 1914, le décrit comme étant l’avocat des pauvres gens.  Il avait la réputation de ne jamais refuser une cause sous prétexte qu’un client ne pouvait pas lui payer d’honoraires.

Grand voyageur, il avait fait deux fois le tour du monde. Il avait visité plusieurs fois le Japon. Il se proposait un autre grand voyage pour 1915.

Il s’était marié à deux reprises mais était veuf depuis plusieurs années au moment de son décès. Il ne semble pas avoir eu d’enfants.

plan 1890

Cliquez sur le plan pour le voir en entier

Son nom apparaît pour la première fois dans l’édition 1884-85 des annuaires Lovell.  Il habitait alors au 76 rue Dominion, entre les rues Blake et Quesnel. On le retrouve à cette adresse jusqu’en 1895.

On peut voir la maison sur le plan ci-dessus. Une partie d’un ensemble de condominiums occupe maintenant le site, la maison ayant été démolie.

Une biographie de J. André St-Julien

Cette biographie de J. André St-Julien a été écrite par William Henry Atherton.

«J. A. St. Julien, K. C., was a member of the prominent and well known law firm of St. Julien & Théberge, having offices at No. 60 Notre Dame street East. During the years of his connection with the Montreal bar he attained an enviable place in the practice of his profession.

J. André St-Julien

Me J. André St-Julien, 1903

Mr St. Julien was a native son of Montreal, born in 1855. Liberal educational opportunities qualified him for important professional service. His early studies were supplemented by a course in the Montreal College, Laval University and in McGill University and from the last named institution he was graduated with the degree of B.C.L.  He entered upon the active practice of his chosen profession in 1882 and was continuously before the courts from that time until his death. His ability was pronounced for he was ever a careful and discriminating student of the principles of law and was accurate in the application thereof. His devotion to his clients’ interests was proverbial, yet he never forgot that he owed a still higher allegiance to the majesty of the law, and neither the zeal of an advocate nor the pleasure of success permitted him do disregard this. His political allegiance was given to the liberal party, but he was never an aspirant for office, preferring to concentrate his energies upon his professional interests and perform his public service as a private citizen. His death occurred May 4, 1914, and was deeply regretted by all who knew him. In his demise Montreal lost one of her foremost representatives of the legal profession and a citizen who was always loyal to his city.»

Montreal, 1535-1914, p. 512

Sources

  • William Henry Astherton. Montreal, 1535-1914. S. J. Clarke, éditeur. Montréal, 1914, p. 512. Adresse URL
  • La photo est tirée du livre de Ernest J. Chambers, The Book of Montreal : a souvenir of Canada’s Commercial Metropolis, p. 244. Adresse URL
  • Journal La Patrie. Édition du 5 mai 1914, p. 4. Adresse URL

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Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, Petite-Bourgogne, rue Dominion

Une photo de la rue Albert en 1966

Rue Albert 1966

La rue Albert en 1966 vers l'église Sainte-Cunégonde

On pourrait se croire à Détroit, mais il s’agit de Montréal. Cette photo de la rue Albert a été prise en 1966. La rue Albert changera de nom en 1973 pour devenir l‘avenue Lionel-Groulx.

On peut voir à gauche sur un bâtiment le nom de la compagnie J. P. Montpetit Carriage Shop. Cette compagnie qui était en opération au début du 20ème siècle était située situé à l’angle des rues Albert et Dominion. À cet endroit, se trouve aujourd’hui une partie du  parc des Jazzmen qui souligne l’importance du Sud-Ouest dans l’histoire du jazz à Montréal.

Un peu plus loin, également à gauche, on distingue un  bâtiment de la compagnie General Steel Wares Limited qui occupait tout le quadrilatère compris entre les rues Albert, Vinet, Delisle et Dominion.

On remarque à droite l’église des Saints-Martyrs Coréens, l’ancienne église Sainte-Cunégonde.

La position approximative du photographe au moment de la prise de la photographie est indiquée par la flèche noire sur ce plan publié en 1957.

Plan 1957 rue Albert

Cliquez sur le plan pour pouvoir l'agrandir.

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Les Massicotte de Sainte-Cunégonde: Édouard-Zotique Massicotte

Édouard-Zotique Massicotte. Archives de l'Université de Montréal.

C’est en ces termes qu’Édouard-Zotique Massicotte se décrivait dans le numéro du 6 juin 1891 de la revue Le Monde Illustré.

«E. Z . Massicotte – Taille moyenne, gros, gras, à la barbe inculte. Apparence sémitique. A des traits de ressemblance avec Zola et Richepin.

Caractère étrange, tour à tour pensif, joyeux, sarcastique ou sérieux. A été reporter, comptable, acteur, déclamateur, rédacteur, bouquineur et amoureux. Est actuellement collectionneur, critique, nouvelliste, antiquaire, numismate, biographe, historien, poète, réaliste, décadent. A lu tous les auteurs, a étudié tous les genres et les a tous essayés. On remarque chez lui la passion de la phrase sonore et ciselée. Un ami l’a défini : «Une antithèse vivante, visant l’originalité».

Signes particuliers : Radical, pessimiste, optimiste, optimiste, panthéiste, déiste, catholique et éclectique. Ne refuse pas la louange.»

Le Monde illustré. Édition du 6 juin 1891, p. 83.

Un homme aux multiples talents

Édouard-Zotique Massicotte  est né à Montréal le 24 décembre 1867, de l’union d’Édouard Massicotte et d’Adèle Bertrand.

Il épousa à Trois-Rivières Marie-Alice Godin le 23 octobre 1899. Ils eurent deux enfants, Jean-Maurice, professeur de dessin et Suzanne, épouse de Me Robert Trudel, avocat.

Son nom est intiment lié à celui de Sainte-Cunégonde, où il vécut presque toute sa vie. Son père y a tenu commerce pendant 41 ans, rue Notre-Dame ouest. Il en a écrit l’histoire dans un ouvrage intitulé, La cité de Sainte-Cunégonde de Montréal – notes et souvenirs.

Doué d’un esprit laborieux et méthodique, il aimait chercher, analyser et reconstituer. Il amassera entre 1870 et 1920 une collection de 6000 photographies et illustrations qui a été léguée à la Bibliothèque nationale du Québec. On peut consulter cette collection qui se présente sous la forme d’albums au nom des rues de Montréal sur le site web de la BAnQ.

Édouard-Zotique Massicotte était un homme au multiples talents. Il aura été au cours de sa vie, journaliste, avocat , archiviste, héraldiste, folkloriste, paléographe, botaniste., généalogiste, archéologue, poète et historien.

Il s’est aussi lancé dans une carrière d’artiste dramatique entre 1885 et 1892.

Journaliste, écrivain et historien

L’écriture et l’histoire occupèrent une très grande place dans sa vie. Il collabora pendant plusieurs années avec son frère Edmond-Joseph, un illustrateur.

On lui doit quelques 60 articles, 120 essais poétiques, une dizaine d’études critiques, des monographies et de nombreux articles de journaux qui furent publiées dans diverses publications entre 1885 et 1947.

Il fut le premier canadien qui ait osé prôner la poésie décadente et se livrer ici à la culture de ce genre fin de siècle. Il publia des poèmes inspirés de Verlaine et de Mallarmé dans L’Écho des jeunes, une revue littéraire d’avant-garde publiée à Sainte-Cunégonde et dans le Recueil Littéraire, un périodique qu’il avait fondé avec Victor Grenier.

Sa carrière de journaliste débuta à l’Étendard en 1886. On lui confia la direction du Monde Illustré en 1898.  De là, il passera à la direction du Samedi.

Il était passionné par l’histoire du Canada et plus particulièrement de l’histoire de Montréal. Il poursuivra d’ailleurs toute sa vie son œuvre d’historien. Il publia régulièrement des articles dans Les cahiers des Dix.

Archiviste

En 1911, il est nommé responsable des Archives judiciaires de Montréal, devenues aujourd’hui les Archives nationales du Québec à Montréal. Il occupera cette fonction pendant 35 années.

C’est là qu’il sut donner le meilleur de lui-même par son talent d’organisateur méthodique et précis. Il s’employa à inventorier et classer les archives conservées au Palais de justice depuis 1642 et qu’il rendra accessibles aux chercheurs.

E.-Z. Massicotte aux Archives judiciaires de Montréal

E.-Z. Massicotte aux Archives judiciaires de Montréal. BAnQ

Il fut membre de l’École littéraire de Montréal,  de la Société de folklore de la province de Québec, de la Société historique de Montréal, de la Société d’archéologie et de numismatique, de la Commission des monuments historiques du Québec, de la Société royale et de la Société des Dix.

Cet homme réservé recueillit la plupart des honneurs que ses contemporains pouvaient lui décerner.

Il fut entre autres reçu Docteur ès lettres (honoris causa) de L’Université de Montréal en 1936 avec ses grands amis Aegidius Fauteux et J.-B. Lagacé. On lui attribua la même année la médaille de la Société historique pour l’ensemble de son œuvre. La Société royale lui décerna la médaille Tyrell, sa distinction la plus convoitée.

Édouard-Zotique Massicotte est décédé subitement à son domicile, rue Coursol, le samedi matin 8 novembre 1947, à l’âge de 79 ans. Toute la presse montréalaise fut unanime à rendre hommage à son œuvre et à sa mémoire. Il fut inhumé au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

La rue Massicotte

À ma connaissance, seule une rue du quartier Mercier-Hochelaga-Maisonneuve souligne l’apport exceptionnel d’Édouard-Zotique Massicotte à la société québécoise. Allez savoir pourquoi.

La rue Massicotte honore à la fois sa mémoire et celle de son frère Edmond-Joseph.

Sources

  • Jean-Jacques Lefebvre. Ancêtres et contemporains (1670-1970).  Éditions Guérin, Montréal. 1979. p. 107 à 112. Disponible à la Grande Bibliothèque. Adresse URL.
  • Notice biographique. Fonds Édouard-Zotique Massicotte. Site web de la BAnQ. Page consultée le 17 avril 2011. Adresse URL.
  • Joseph Genest. Article paru dans le Monde illustré, vol 11, no 524, p 29 (19 mai 1894). Adresse URL.
  • Trois docteurs : E.-Z. Massicotte,… Aegidius Fauteux,… J.-B. Lagacé,… / Victor Morin,… 1936. Disponible à la Grande Bibliothèque. Adresse URL.

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