La première bibliothèque publique francophone du Canada

Centre culturel Georges-Vanier, arrondissement du Sud-Ouest

Bibliothèque Georges-Vanier, arrondissement du Sud-Ouest

Il faut dire qu’il y a quand même de quoi être fier!

C’est dans la Petite-Bourgogne que se trouve la première bibliothèque francophone du Canada qui est également la plus ancienne succursale des bibliothèques de Montréal toujours en service.

Il s’agit de la bibliothèque Georges-Vanier située à l’angle des rues Vinet et Workman, logée dans un immeuble qui abritait à l’origine l’hôtel-de-ville de Sainte-Cunégonde.

Au moment de sa création, en 1905, elle portait le nom de bibliothèque Sainte-Cunégonde et l’illustre natif de Sainte-Cunégonde, Édouard-Zotique Massicotte, en était le conservateur.

Laissons-lui le soin de nous faire le récit d’une histoire qui débuta vers 1892, celle d’une bibliothèque montréalaise exceptionnelle:

La bibliothèque Sainte-Cunégonde

E.-Z. Massicotte LL.D., M.S.R.C.

«Vers 1892, M Pagé ou M Rivet avait une petite bibliothèque «circulante»(1), angle des rues Vinet et Workman. Comme le nombre de lecteurs augmentait, la municipalité de Sainte-Cunégonde, à l’instigation de M le curé F.-X.-E. Ecrément, fonda en 1905 une bibliothèque publique dont le soussigné fut le conservateur. L’institution était logée dans le bel hôtel-de-ville de la localité. Peu de temps après, la cité de Montréal annexait Sainte-Cunégonde. Néanmoins, la bibliothèque suburbaine, avec ses 3,000 volumes, très variés, resta accessible au public et elle était fréquentée par plus de dix mille lecteurs, lorsque les commissaires de la métropole décidèrent en 1915 de «verser son actif en volumes» dans celui de la brande bibliothèque municipale, rue Sherbrooke est.

La partie ouest de Montréal ressentit vivement la perte qu’elle faisait. Les lecteurs se recrutaient dans les quartiers Saint-Joseph, Saint-Gabriel et Saint-Henri. En plus, les jours fériés, la bibliothèque était spécialement ouverte aux jeunes qui s’y rendaient nombreux, car ils trouvaient une jolie collection de journaux et de livres illustrés. Ces jours-là, une groupe de dames patronesses venait aider le bibliothécaire à exercer une surveillance effective.»

(1) On nomme ainsi les bibliothèques ou cabinets de lecture qui, moyennant une garantie et un abonnement, louent et prêtent  les livres qu’on désire lire chez soi.

Cahier des Dix, volume 12 (1947), p.15-16

Signature E.-Z. Massicotte

E.-Z. Massicotte dans la bibliothèque Sainte-Cunégonde

E.-Z. Massicotte dans la bibliothèque Sainte-Cunégonde, sans date. BAnQ

Menace de fermeture de la bibliothèque

La Ville de Montréal rouvrit cependant la bibliothèque en 1947 sous le nom de bibliothèque Workman.

En 1985, l’ancien hôtel-de-ville de Sainte-Cunégonde changea d’identité pour porter le nom de Georges-Vanier, du nom du premier gouverneur général du Canada d’expression française, un natif du quartier Petite-Bourgogne

En 1995, retour à la case départ; la menace d’une fermeture de la bibliothèque refait surface sous l’administration du maire de Montréal, Pierre Bourque. Fortement mobilisés, les citoyens ont réussi cependant par leur détermination à garder la bibliothèque ouverte.

La bibliothèque ainsi que l’édifice l’abritant, ont été rénovés en 2004, au coût de 4,5 millions $, grâce grâce au financement conjoint de l’arrondissement du Sud-Ouest, de la Ville de Montréal et du gouvernement du Québec.

Nouvelle menace de fermeture

On serait porté à croire qu’après avoir investi argent et effort, le sort de la bibliothèque Georges-Vanier serait assuré pour plusieurs décennies. Il n’en est rien. La bibliothèque se retrouve, une fois de plus, dans la mire des autorités.

En septembre dernier, les élus de l’arrondissement du Sud-Ouest, tous partis politiques confondus, ont décidé à l’unanimité qu’une des mesures pour boucler le budget de l’année 2012, serait de fermer la section adulte de la bibliothèque Georges-Vanier.

Un seul communiqué a été émis par l’arrondissement pour annoncer cette décision. Il est très difficile de comprendre en lisant ce communiqué, qui pourrait être tiré d’un épisode de l’émission Mirador, que la conséquence d’un «Nouveau mandat jeunesse pour la bibliothèque Georges-Vanier» est la fermeture de la section adulte de la bibliothèque.

Le scénario se répète, une fois de plus!

En 1995, les citoyens avaient organisé avec succès une campagne de sensibilisation qui leur avait permis de sauver la bibliothèque Georges-Vanier. Mobilisés sous le nom des Amis de la bibliothèque Georges-Vanier, ils avaient pu compter notamment sur l’appui  de  Lise Bissonnette, Jean-Claude Germain, Dorothy Williams et Kim Yaroshevskaya, que beaucoup connaissent sous le nom de Fanfreluche.

En 2011, un silence affolant prévaut. La nouvelle de cette fermeture passe inaperçue. Personne ne semble préoccupé par la nouvelle. La section adulte de la bibliothèque Georges-Vanier fermera-t-elle dans l’indifférence la plus totale? Pourtant les citoyens de Toronto ont réussi à sauver leurs bibliothèques publiques que le très conservateur maire Rob Ford, un ami de Stephen Harper, voulait privatiser. Un excellent article a été publié sur le blogue Bibliomancienne à ce sujet. Vous pouvez le lire en cliquant ici.

Une bibliothèque n’est pas qu’un ensemble de briques et de livres. C’est un endroit vivant qui s’est construit petit à petit par le travail et le dévouement des bibliothécaires et la fidélité de ses usagers. C’est un lieu que nos aînés peuvent facilement utiliser et qui permet de briser l’isolement.  C’est un endroit que tous les membres des familles peuvent utiliser, quel que soit leur âge.

Dans ce dossier, les élus de la ville-centre et ceux de l’arrondissement du Sud-Ouest se lancent la balle et prennent la population en otage. La bibliothèque Georges-Vanier fait partie du patrimoine montréalais. Elle n’est pas un banal chiffre inscrit dans la colonne des dépenses.

La bibliothèque Georges-Vanier est un bien collectif précieux qu’on se doit de protéger et de préserver pour que les générations futures puissent en profiter, jeunes et vieux.

La boîte à outils

Voici une liste de ressources et d’articles disponibles sur le web au sujet de la fermeture de la section adulte de la bibliothèque Georges-Vanier:

Signez la pétition contre la fermeture de la section adulte de la bibliothèque Georges-Vanier

Une pétition en ligne a été créée pour empêcher la fermeture de la section adulte de la bibliothèque Georges-Vanier.

Vous pouvez la signer EN CLIQUANT ICI.

Sources:

  • Nouveau mandat jeunesse pour la bibliothèque Georges-Vanier. Communiqué de l’arrondissement du Sud-Ouest annonçant la fermeture de la section adulte bibliothèque Georges-Vanier. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.
  • Pour boucler son budget 2012 – Le Sud-Ouest confronté à des choix difficiles. Communiqué de l’arrondissement du Sud-Ouest. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.
  • Édouard-Zotique Massicotte. Bibliothèques d’autrefois à Montréal. Cahier des Dix, vol 12 (1947), p. 15 et 16. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.
  • La première bibliothèque publique francophone au Canada se refait une beauté. Site web de l’Union des municipalités du Québec. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.
  • Patricia Bouchard. L’édifice Georges-Vanier, siège de la première bibliothèque publique francophone du Canada. Bulletin des bibliothèques de Montréal. Page consultée le 6 novembre 2011. Adresse URL.

1 Commentaire

Classé dans Arrondissement du Sud-Ouest, avant l'autoroute, Petite-Bourgogne, rue Vinet, rue Workman, Sainte-Cunégonde

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