Une paroisse irlandaise
Au 19ème siècle un grand nombre d’Irlandais quittent leur pays pour refaire leur vie à Montréal. La plupart d’entre eux s’installeront autour du canal de Lachine, beaucoup dans le quartier Ste-Anne. Plusieurs paroisses seront créées au cours des années pour accueillir ces nouveaux fidèles.
C’est ainsi que le 19 mars 1884, un décret de Mgr Édouard-Charles Fabre archevêque de Montréal permit à 300 familles irlandaises catholiques qui étaient rattachées à la paroisse St. Ann, d’en former une nouvelle, sous le vocable de St. Anthony of Padua.
L’église paroissiale qui a été construite entre 1887 et 1889 était l’oeuvre de l’architecte William H. Hodson. Elle était située du côté nord de la rue St-Antoine, un peu à l’ouest de la rue des Seigneurs, comme on peut le voir sur le plan ci-dessous.
«La modeste colonie irlandaise qui, en 1845, se croyait à peine suffisante pour s’assurer le bénéfice d’une église à elle, – moins de quarante ans plus tard, s’était déjà développée, au point de justifier l’établissement à Montréal d’une cinquième paroisse où elle fût tout à fait chez elle.
Après Saint-Patrice, Sainte Anne, Saint-Gabriel et Notre-Dame-du-Bon-Conseil, naissait la paroisse Saint-Antoine et non la moins intéressante de la famille hibernienne.
La déserte de la nouvelle paroisse fut d’abord confié au clergé de la paroisse voisine, Saint-Joseph, sous la direction du curé, M. Leclerc.
Bientôt après, M. l’abbé McCarthy devenait le premier curé résident de Saint-Antoine. Lors de son départ pour la cure de Saint-Gabriel en 1886, la déserte de Saint-Antoine revint, une fois encore, à la charge de M. le curé Leclerc, de Saint-Joseph.
Cet arrangement subsista jusqu’en 1896, alors que Mgr Fabre nomma curé de Saint-Antoine M. l’abbé J.-E. Donnelly, qui faisait, en ce moment-là, partie de la mission épiscopale, à titre de secrétaire privé. Et il se trouva ainsi que la paroisse Sainte-Anne n’avait pas seulement fourni l’embryon de la nouvelle paroisse, mais qu’elle lui donnait encore son deuxième pasteur et curé actuel – M. l’abbé Donnelly ayant vu le jour sur cette paroisse.
L’augmentation rapide de la nouvelle congrégation, qui ne comptait que trois cents familles au jour de sa fondation et en possède aujourd’hui plus de huit cents, fait honneur à la clairvoyance des autorités qui en décrétèrent l’établissement, et à la piété des catholiques irlandais, qui le favorisèrent.
L’église de Saint-Antoine s’est élevée bien vite, sur la rue du même nom, tout près du point où celle-ci coupe à angle droit, la rue des Seigneurs. C’est un joli édifice en pierre, style roman. L’intérieur frappe et arrête l’attention, par l’heureuse combinaison de tous les détails, depuis la décoration, parfaitement comprise, et le bel orgue moderne, jusqu’au monumental autel en chêne sculpté qui se dresse avec majesté au fond du sanctuaire.
Un presbytère, en harmonie avec l’église qu’il avoisine, est venu récemment compléter l’installation des œuvres paroissiales de Saint-Antoine.»
Tiré du livre Le diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle, 1900. pp. 372-373
Ces deux photographies qui proviennent du Musée McCord, ont été prises par le studio William Notman & Son.
Sur la photo ci-dessous, on distingue l’église au centre, vers la gauche. Dans le haut, à droite, on peut voir l’asile des vieillards des Petites Soeurs des Pauvres, boul. René-Lévesque ouest.

Vue de Montréal depuis la cheminée de la centrale de la Montreal Street Railway Cliquez sur la photo pour l'agrandir.
Démolition et relocalisation
L’église et le presbytère ont tous deux été démolis pour corriger le tracé de la rue St-Antoine qui suit maintenant une ligne très droite. La circulation des voitures en a été grandement amélioré, surtout à l’heure de pointe. Le Sud-Ouest est un arrondissement qu’on se plaît à traverser.
Une nouvelle église, beaucoup plus petite, a été construite devant l’emplacement de l’ancienne, au 1950 St-Antoine ouest, à l’angle de la rue Chatham.
Bibliographie:
- Perron, J. A. et Dauth, Gaspard. Le diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle. Eugène Sénécal & Cie, Montréal. 1900. pp. 372 et 373.





La photo de la vue de Montréal est vraiment belle. J’ai regardé avec le zoom, incroyable! On voit du linge tendu sur des cordes a linge partout. Quel dommage qu’il est mal vu tendre le linge aujourd’hui – je trouve que c’est une pratique gaie et pratique.
Ces photos prises depuis la cheminée la Montreal Street Railway sont tout simplement extraordinaires. À ma connaissance, on trouve 5 de ces photos sur le site du Musée McCord. En utilisant la fonction zoom, on peut distinguer une foule de détails, comme des vêtements qui sèchent au soleil, le nom d’une entreprise sur un mur, etc. C’est fascinant.
On constate aussi à quel point on a détruit la trame urbaine de la Petite-Bourgogne et de Griffintown, c’est à dire les anciens quartiers St-Joseph et Ste-Anne et Ste-Cunégonde.
Ping : L’église St. Anthony of Padua avant sa démolition | Avant l'autoroute
Ping : Un tableau de John Little | Avant l'autoroute